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Les Forêts de la Coubre
et des Combots d'Ansoine
L'association
Un patrimoine naturel
Pourquoi cette mobilisation ?

La forêt de la Coubre est un milieu naturel exceptionnel d'une grande richesse écologique, historique et humaine pour le territoire et la population de la presqu'île d'Arvert.

Les biens communs coûtent cher à la société, la forêt domaniale fait partie du domaine public; elle aussi, tombe sous le joug de la recherche d'économies voire de la rentabilité. Les aménagements sont de plus en plus chers et les crédits de plus en plus limités. Il devient impératif de faire appel à d'autres voies pour en assurer la pérennité.

Heureusement, beaucoup de personnes sont attachées aux valeurs de ce patrimoine construit à la sueur des générations successives qui se sont attachées à nous le transmettre dans d'assez bonnes conditions.

Nature en Pays d'arvert via sa structure ADPLC se veut fédératrice de toutes les bonnes volontés décidées à sauvegarder le patrimoine naturel et la patrimoine bâti de la forêt domaniale de la Coubre et des Combots d'Ansoine.

     Rejoignez-nous, nous avons besoin de vous pour redonner vie à la forêt et la maintenir en bon état.

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LA GESTION DE NOS FORÊTS LITTORALES

La forêt de La Coubre

De récents évènements concernant d’importantes coupes dans cette forêt nous incitent à préciser la manière dont elle est gérée.

C’est une forêt domaniale, c'est-à-dire appartenant à l’État dont la gestion a été confiée à l’Office National des Forêts. Elle résulte de la fusion de 3 forêts : La Tremblade, La Coubre et Saint-Augustin – Les Mathes. Superficie totale : 4850 ha.

La forêt est un ensemble d’êtres vivants végétaux et animaux (écosystème) qui meurent à la fin de leur cycle de vie. Elle ne peut se maintenir que si les individus qui la composent se renouvellent. La régénération de la plupart se fait naturellement ; l’homme n’intervient, éventuellement, que pour assurer la pérennité des espèces arborescentes : pin, chênes …

Cette forêt qui, aux siècles passés, n’avait que 2 rôles essentiels (protection du sol – d’où le nom de forêt de protection – et production de bois) a acquis dans la deuxième moitié du XXe siècle de nouvelles fonctions : accueil du public et maintien de la biodiversité.

La gestion à La Coubre se fait suivant un aménagement établi sur une période de 15 ans (2006 – 2020) prévoyant chaque année divers types de coupes sur des parcelles déterminées. Ce plan de gestion doit être conforme aux fonctions que remplit cette forêt aujourd’hui.

Depuis longtemps, des coupes à blanc ou coupes rases ont été pratiquées pour assurer la régénération de certaines parcelles et suscité de vives réactions du public même si elles n’ont pas été aussi démonstratives que dernièrement.

Depuis quelques décennies et surtout après la tempête de 1999,  on privilégie la régénération naturelle quand c’est possible : le principe est de laisser les arbres mûrs (semenciers) libérer leurs graines au sol avant de les exploiter. Ces graines seront à l’origine d’une nouvelle génération.

Il arrive cependant que, dans certaines parcelles, cette régénération ne se fait pas. Les causes en sont variées : arbres mûrs stériles, forte concurrence d’autres espèces arborescentes ou arbustives, tempêtes, incendies… Il arrive aussi que, pour des raisons internes à l’O.N.F. (plan de gestion non respecté), le calendrier prenne du retard. Ces causes se sont accumulées et sont à l’origine des coupes à blanc occupant une importante surface.

Le discours de l’O.N.F. est clair car il a une vision prospective : ces coupes sont à l’origine de la forêt future. Ce qui est critiquable c’est la manière dont on va l’obtenir.

Coupe rase en forêt de la Coubre

 • Les coupes rases (photo ci-contre).  Ce sont les plus agressives pour l’environnement, les plus spectaculaires, les plus controversées. Le sol est débarrassé de toute espèce ligneuse (contenant du bois) mais en fait, compte tenu du matériel utilisé, de  tout ce qui vit. Le sol est labouré : des sillons sont creusés pour mettre le sable à nu, sable sur lequel sont semées les graines de pin maritime. L’atteinte à la biodiversité est évidente : on détruit de la vie pour pratiquer la monoculture d’une espèce : le pin.

Coupe d'ensemencement en forêt de la Coubre • Les coupes d’ensemencement (photo ci-contre). Ce sont des interventions progressives qui se pratiquent sous le couvert d’un peuplement mûr (arbres de même âge) où la régénération naturelles est absente. La première étape consiste à éliminer les essences indésirables et les arbres endommagés ; les 2/3 du peuplement restent en place. On notera que parmi ces espèces indésirables il y des chênes qui risquent de faire de l’ombre au pin ! Le sol est labouré de la même façon. Les arbres encore sur pied contribueront à ensemencer le sol : ainsi la régénération devrait s’installer. Si la quantité de pousse n’est pas suffisante, on procèdera après quelques années à une deuxième coupe.

• Les coupes sanitaires ont pour but de supprimer les arbres malades ou présentant des défauts.

D’autres coupes sont réalisées pour faciliter la croissance des arbres dans des peuplements trop denses.

            • Les dépressages dans les jeunes peuplements ;

            • Les éclaircies dans les peuplements plus âgés. (Le dépressage est la première éclaircie dans un peuplement).

Les amoncellements de troncs issus de coupes peuvent présenter des fûts de diverses tailles (parfois petites) qui ont été interprétés comme le résultat des coupes rases : « L’O.N.F. coupe tous les arbres, même les plus jeunes ! ». Il s’agit en fait des éclaircies qui ont été pratiquées dans des parcelles voisines.

La diversité de la forêt est liée à la  variété des espèces qui la constituent mais aussi à son organisation due à son mode de traitement.

           

Futaie de pins maritimes en forêt de la Coubre

• Les futaies sont des peuplements dont les arbres (feuillus ou résineux) sont issus de graines. Elles sont pures (futaies de pin – photo ci-contre, de chêne vert ou de peupliers) ou mélangées (mixtes : résineux et feuillus).

Dans une futaie régulière, les arbres ont à peu près le même âge et les mêmes dimensions. Dans la futaie irrégulière les arbres ont des âges variés puisqu’on y trouve tous les stades de développement depuis les semis jusqu’aux pieds mûrs.

           

Taillis en forêt de la Coubre• Les taillis sont des peuplements de feuillus issus de rejets de souches et drageons ayant tous le même âge. Ils sont purs (taillis de chênes verts. Photo ci-contre) ou en mélange (taillis de feuillus divers).

Aux siècles passés, la forêt était divisée en plusieurs séries (série de protection, de production…). Aujourd’hui, les 4850 ha ne constituent plus qu’une seule série dite « de protection générale du milieu et des paysages tout en assurant une production ligneuse ».

Le but de cet aménagement est donc clairement exprimé.

Si on considère la forêt d’un point de vue naturaliste, cette manière de régénérer laisse peu de place à une évolution vers la forêt « originelle », très diversifiée, celle du Moyen Âge dans laquelle cohabitaient pins, chênes verts (yeuses) et chênes à feuillage caduc (pédonculé, pubescent…). Elle n’est cependant pas exclue dans les parties les plus anciennes comme dans l’ancienne forêt de La Tremblade où certaines parcelles montrent le terme de l’évolution de ces forêts littorales sur sable avec presque uniquement des feuillus.

Sur la façade océanique, un traitement particulier est pratiqué sans souci de production. Les interventions ont pour but d’assurer la stabilité du milieu et d’accompagner les variations de la ligne de rivage.

Dune du Vieux Phare

Quant à la frange bordière, sans peuplement ligneux (dune littorale et arrière-dune), elle est l’objet de la part de l’O.N.F. de travaux spécifiques permettant de stabiliser le sable, au moins momentanément, car on a enfin compris qu’il était illusoire de vouloir  s’opposer aux variations naturelles du trait de côte. Dans les périodes favorables il a même été possible de reconstituer la dune comme ce fut le cas pour la dune du Vieux Phare (photo ci-contre). Son rôle est de protéger les peuplements forestiers situés en arrière.

Il est intéressant d’ajouter que, dans un souci de biodiversité, des parcelles de sénescence (rares) ont été prévues. Dans ces parcelles les vieux arbres vieillissent puis tombent au sol : ils sont refuges et sources de nourriture pour de nombreux hôtes animaux.

À partir de 2016, les coupes rases avec broyages et labours en plein sur une durée de un an sont abandonnées. On privilégie aujourd'hui les coupes progressives. Les interventions se feront sur des échelles de coupes acceptables (moins de 10 ha, surface d'une parcelle).

La forêt des Combots d’Ansoine

Ce petit massif boisé (850 ha)  est particulièrement intéressant car il donne un exemple d’une autre gestion de la forêt, celle qui n’est pas productive mais qui laisse plus d’importance à l’évolution naturelle allant  vers une plus grande biodiversité.

 Le domaine des Combots a toujours été un domaine privé depuis le temps des seigneurs jusqu’à une époque récente. Il n’a été occupé par l’État que pendant la période où les Ponts et Chaussées ont assuré le reboisement dont les propriétaires ne pouvaient supporter la charge. La culture du pin qui a été privilégiée alors, comme à La Coubre, a marqué longtemps ce secteur.

Une différence importante avec le massif de La Coubre est que, à l’époque où les montagnes marchaient en Arvert, les sables n’ont pas recouvert tout le domaine : la « vieille forêt », feuillue, a été épargnée à l’est. Même si les anciens propriétaires ont pratiqué un traitement semblable à celui du massif domanial (priorité donnée au pin), les interventions, plus limitées, ont permis de préserver un potentiel feuillu que les traitements actuels permettent d’exprimer.

Ce bois des Combots a subi un important incendie en 1976 (avec une partie de la forêt de Saint-Augustin – Les Mathes) puis la tempête de 1999. Ces évènements ont créé, par les ouvertures ménagées dans le couvert forestier, des conditions favorables au développement du chêne vert que l’on avait jusque-là désavantagé.

Au lendemain de l’incendie, le Conservatoire du littoral a acquis ce domaine (1978). Il a fallu assurer rapidement la régénération du secteur, ce qui fut fait par l’O.N.F. mais avec ses méthodes que le nouveau propriétaire a jugé peu respectueuses de l’environnement forestier.

Le dernier aménagement couvre la période 2008-2022 faisant apparaître une gestion  nouvelle.  « La production de bois n’est pas un objectif en soi, elle ne sera que le résultat d’une gestion raisonnée des peuplements actuels visant à respecter la dynamique naturelle. Les chênes verts et caducifoliés (pédonculés et pubescents) seront systématiquement favorisés. Le pin sera géré sans être favorisé ». Par ailleurs, l’âge d’exploitabilité du pin est porté à 100 ans (80 ans dans la forêt domaniale). L’O.N.F. assure toujours la gestion du domaine mais conformément aux souhaits du Conservatoire exprimés dans ce plan de gestion.

Il est encore un peu tôt pour évaluer les effets du début de l’application de ce plan mais on peut rappeler des expériences sylvicoles qui ont été tentées, avant, à la fin des années 1990.

En 1997, dans la parcelle 64 au nord de la D. 25, des interventions se sont efforcées d’assurer la régénération du peuplement (de pin à l’époque) en faveur des chênes. On a procédé à une coupe rase dans la partie nord tandis que, dans la partie sud, la coupe a laissé en place le sous-étage (chênes sous les pins formant l’étage dominant).

On peut voir, 20 ans après, les résultats de ces interventions. Au nord (photo de gauche), après coupe rase, les pins et les chênes se sont développés en même temps. Au sud (photo de droite) le sous-étage ayant été respecté, c’est un taillis de chênes qui s’est formé laissant peu de place au pin. Ici les pins ne proviennent pas de semis faits par l’homme mais des graines libérées par les arbres mûrs avant les coupes (ils ont donc à peu près 20 ans).

La forêt, 20 ans après une coupe rase La forêt 20 ans après une coupe ayant conservé le sous-étage (chênes)

Aujourd’hui cette parcelle se trouve dans un ensemble à enjeu de biodiversité prioritaire consistant à favoriser les essences feuillues.

Dans les peuplements de pins issus des interventions post-incendie de 1976 (30% de la surface) où les pins ont une quarantaine d’années, on favorisera aussi le chêne vert et d’autres feuillus quand ils sont présents.

La forêt en bordure  de la piste cyclable

"Vieille" forêt La frange comprise entre la D. 25 et la plage est l’objet d’un traitement particulier. Les arbres mûrs et/ou dangereux, malades,  seront récoltés. En bordure de la piste cyclable, les pins abattus ne seront pas renouvelés, le sous-étage feuillu évoluera librement (photo de gauche).

Seuls ces modes de gestions permettront de reconstituer une « vieille forêt », feuillue, comme on en voit encore dans certains secteurs (photo de droite).

S’il a été possible, là aussi, de reconstituer la dune de la Grande Côte dans des conditions favorables, aujourd’hui c’est l’érosion qui domine et qui s’accentue vers La Palmyre. La plus grande stabilité du secteur littoral au sud, au voisinage des rochers, est mise en évidence par l’installation des pins sur la dune (photo ci-contre).

Pins maritimes sur la dune

Il faut rappeler que l’O.N.F. pas plus que le Conservatoire du littoral n’interviennent dans le cas d’érosion côtière. Il s’agit d’une prise de position intelligente dictée par le bon sens.

L’enrochement qui a prolongé la digue de La Palmyre début 2014 a été décidé par le Conseil Général pour assurer la « protection » du site qu’il loue à un village de vacances. Protection momentanée puisque cet ouvrage subira le sort de ceux qui l’ont précédé…et qui ont été emportés par la mer !

Guy Estève


Date de création : 30/05/2015 15:38
Dernière modification : 30/05/2015 15:38
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